Avant de créer La Maison du Terroir, à Albestroff, en Moselle, Slim Bensadoune, salarié de Schneider Electric Universal Enclosures, a longuement muri son projet avec les experts de SIE. De multiples rencontres durant trois années et trois dossiers d’une soixante de pages ont débouché sur un projet « sans surprise », comme le dit lui-même le jeune entrepreneur.

Slim Bensadoune est entré avec un BEP chez Schneider Electric, entreprise dans laquelle il a fait son de chemin en bénéficiant de formations et en occupant différents postes, avec de plus en plus de responsabilités. « J’ai beaucoup appris et j’ai pris de l’assurance, confie-t-il. J’étais bien dans mon travail, mais j’avais une ambition personnelle : créer quelque chose de personnel. J’y pensais régulièrement. C’est ainsi que j’ai pris contact avec SIE ».

Un projet longuement mûri

Au total, Slim a entretenu des relations régulières avec SIE pendant six ans avant de se lancer. Il a rencontré le responsable régional de l’entité deux fois par an durant quatre ans. Puis, son projet se précisant et sa volonté de voler de ses propres ailes s’affirmant, les rendez-vous sont devenus plus fréquents durant les trois dernières années, avec pour objectif de monter un dossier circonstancié. Tout cela restait confidentiel. Ni le manager de Slim ni les RH n’étaient informés de la démarche du futur entrepreneur.

« J’ai travaillé durement mon projet, se souvient Slim. Et j’ai gagné en confiance. On est tous un peu rêveurs, au début. Mais SIE m’a apporté la qualité du raisonnement. J’ai parfois eu des ‘réflexions’ un peu dures. Elles m’ont mis en face de la réalité et, au final, je suis parti avec un projet sans surprise. J’ai été accompagné, soutenu, conseillé… et j’ai reçu une subvention qui m’a apporté une certaine sécurité ».

Slim a également bénéficié d’un congé de mobilité de neuf mois, durant lequel il a conservé sa rémunération, pour peaufiner son projet, en relation avec SIE. Il a notamment réalisé une étude de marché sérieuse et rempli un dernier dossier de 60 pages avec un business plan détaillé.

Du projet initial au projet final

A l’origine, l’idée était de commercialiser uniquement des produits du terroir cultivés et/ou fabriqués dans les fermes dans un rayon de 40 kilomètres : fromages, lentilles, huile, foie gras… Ils seraient vendus au même prix que chez le producteur, moyennant un prix d’achat préférentiel auprès de celui-ci, qui, de fait, sous-traiterait son activité commerciale. Une politique gagnant-gagnant où l’agriculteur ne serait plus interrompu dans son travail par les visites d’acheteurs et où les clients afficionados de denrées naturelles n’auraient plus à faire des kilomètres de producteur en producteur pour s’approvisionner.

C’est là que l’étude de marché a montré son utilité. Elle a clairement démontré que cette stratégie ne permettrait pas de vivre décemment. C’est pourquoi Slim s’est rapproché de Carrefour. Il a finalement créé en 2012 une supérette Proxisuper, la marque de proximité du géant de la distribution.

Le magasin de Slim est situé à Albestroff, en Moselle, le village dont il est natif. Il a dans un premier temps loué son local à la municipalité. Il y commercialise 6 500 références, dont 300 produits du terroir fournis par une quarantaine de producteurs locaux qui viennent eux-mêmes mettre leurs produits en rayon. La marque mis en avant en devanture est Les Produits du Terroir d’Alberstroff.

Un projet qui grandit, grandit

Slim a démarré seul dans son magasin. Puis il a embauché une personne, puis en apprentis (qui a passé durant son apprentissage le BEP, puis le Bac, puis le BTS et qui lui reste fidèle), puis une dame à mi-temps, soit 2,5 emplois créés. Le village compte 900 habitants, mais il y a beaucoup d’autres communes alentour et les grandes surfaces sont au moins à 20 km.

Depuis, Slim a investi dans un bâtiment qui, outre qu’il lui sert de dépôt, abrite une maison médicale, avec cinq professionnels de santé, et un salon de coiffure. Puis, finalement, il a également acheté en crédit-bail les murs de son magasin. Grâce à celui-ci et aux investissements qui ont suivi, le village a clairement gagné en activité.

« A chacune des étapes du développement de mon affaire, j’ai pu m’appuyer sur les conseils de SIE, insiste Slim. De toute façon, durant trois ans, il est prévu de rendre des comptes. C’est le côté officiel du soutien. Mais il y a surtout les échanges réguliers, qui sont une aide précieuse pour un entrepreneur qui doit mener seul son affaire. Par exemple, je cherche actuellement un médecin pour la maison médicale. SIE fait jouer ses relations pour m’aider dans cette démarche ». Comme on le voit, l’aventure continue.